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Le « père » du libre-échange remporte la médaille d'or pour les réalisations en recherche

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Marianne Meadahl/Julie Ovenell-Carter, SFU Media/PR, 604-291-4323
Doré Dunne, Agente des relations avec les médias, 613-992-7302; dore.dunne@crsh.ca


December 1, 2005
Richard Lipsey, économiste canadien renommé, s'est vu offrir hier soir la Médaille d'or du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) de 2005 à l'occasion d'une cérémonie tenue à la Simon Fraser University (SFU), à Vancouver. Il s'agit là de la plus grande distinction que le CRSH puisse décerner.

« M. Lipsey est aujourd'hui l'un des économistes les plus influents et prolifiques du Canada », a remarqué Stan Shapson, président par intérim du CRSH. «Tout le long de sa carrière, il a remis en question des théories et des vérités acceptées, et a considérablement influencé non seulement le domaine de l'économie, mais la société canadienne dans son ensemble.»

En effet, ce professeur émérite de la SFU, principalement reconnu pour avoir déclenché le débat sur le libre-échange dans les années 1980, a consacré les 50 dernières années à la recherche, à l'enseignement et à l'élaboration de politiques en économie, travail qui a contribué à remodeler l'économie canadienne et à changer la façon dont les économistes du monde entier conçoivent leur travail.

« Par sa recherche, M. Lipsey a touché à presque tous les aspects de l'économie théorique et appliquée, » a souligné John Pierce, doyen de la Faculté des arts et des sciences sociales de la SFU. « Il s'est engagé à mettre sa recherche à contribution pour les Canadiens, que ce soit par l'amélioration des politiques publiques ou une meilleure compréhension des questions économiques. »

Ses plus importantes découvertes de recherche - comme la théorie générale du deuxième choix - ont effectivement remis en question des théories fondées sur des conditions « optimales » et incité les économistes à appliquer leurs travaux à des situations réelles. « J'ai toujours pensé que mes travaux devaient être adaptés au contexte du monde réel ou qu'autrement ils ne servaient à rien », a expliqué M. Lipsey.

Grâce à tous les succès qu'il a connus au fils des ans, Richard Lipsey s'est vu attribuer l'Ordre du Canada et neuf diplômes honorifiques d'universités canadiennes et britanniques. Toutefois, malgréces honneurs, il est surtout fier de son travail en classe, où il guide de jeunes étudiants vers de brillantes carrières, et de la rédaction de l'un des manuels scolaires les plus importants du XXe siècle.

Publié pour la première fois en 1963, An Introduction to Positive Economics a effacé l'ancienne façon de concevoir la théorie économique et a changé la manière dont tous les économistes envisagent leur travail. Traduit en 15 langues, ce manuel a initié des générations d'étudiants à l'économie.

Dans les années 1980, M. Lipsey a entrepris ce qu'il appelle lui-même une « longue et dure bataille » au sujet du libre-échange, laquelle a pris fin en 1992 par la signature de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). « Quand j'ai entamé ma recherche, le libre-échange avec les États-Unis était un sujet tabou, a fait remarquer le chercheur. Prononcer le mot était même considéré, pour un politicien, comme un suicide politique. »

Mais après avoir rédigé un livre sur les relations économiques entre le Canada et les Etats-Unis, alors qu'il était le conseiller économique principal de l'Institut C.D. Howe, M. Lipsey est devenu convaincu que le libre-échange serait une bénédiction pour le Canada. Il avait l'impression que de nombreuses industries canadiennes étaient assez fortes pour fonctionner seules et s'inquiétait de constater une certaine montée du protectionnisme aux États-Unis. Il a donc conclu que le libre-échange protégerait le Canada contre les tarifs douaniers américains élevés et lui permettrait de prospérer. Il a présenté ses idées à Ottawa ainsi que lors d'émissions télévisées et de débats politiques. Les politiciens n'ont pas tardé à l'écouter et c'est ainsi que la politique commerciale du Canada a changé à tout jamais.

D'une valeur de 100 000 $, la Médaille d'or du CRSH est remise chaque année à un chercheur dont les travaux ont permis de mieux faire comprendre le domaine de recherche, d'enrichir la société canadienne et de contribuer au milieu culturel et intellectuel du Canada. Charles Taylor, philosophe de Montréal, et Alex Michalos, expert en qualité de vie, comptent parmi les anciens récipiendaires de cette médaille.

La cérémonie de remise des prix a également permis de reconnaître les contributions de nouveaux chercheurs, qui font déjà tourner des têtes dans le monde universitaire.
Jill Scott, de la Queen's University, a reçu le Prix Aurore du CRSH pour ses travaux sur le rôle du pardon dans un monde qui a vécu les événements du 11 septembre. Ce prix, d'une valeur de 25 000 $, rend hommage à un nouveau chercheur exceptionnel qui a fait preuve d'originalité et de perspicacité dans ses travaux de recherche en sciences humaines.

Originaire d'Edmonton, Valerie Henitiuk a été reconnue comme la meilleure chercheure de l'année ayant reçu une bourse postdoctorale et s'est vu remettre le Prix postdoctoral du CRSH, d'une valeur de 10 000 $. Elle étudie la mondialisation de la culture japonaise à la Columbia University, à New York.

Michael Levi, étudiant de doctorat au King's College London, a reçu la Bourse William E. Taylor pour ses travaux sur le terrorisme nucléaire et la sécurité internationale. Cette bourse de 5 000 $ rend hommage au meilleur chercheur de l'année ayant reçu une bourse de doctorat du CRSH.

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Note à l'intention des journalistes : Le CRSH est un organisme fédéral autonome qui finance la recherche universitaire et la formation des diplômés par l'intermédiaire de concours nationaux avec évaluation par les pairs. Le CRSH conclut également des ententes de partenariat avec des organismes des secteurs public et privé afin de cibler la recherche et d'appuyer l'élaboration de meilleures politiques et pratiques dans les domaines-clés de la vie sociale, culturelle et économique du Canada.