Claire Trépanier, Bureau des affaires francophones et francophiles

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15e anniversaire du BAFF – Retour sur la carrière de Claire Trépanier

21/01/20
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L'intérêt de Claire Trépanier pour les langues a pris naissance à un très jeune âge. À trois ans, elle a appris le langage des signes afin de pouvoir communiquer avec sa sœur aînée qui avait perdu l'ouïe après avoir contracté la coqueluche. À l’école secondaire, Claire a appris le grec, le latin et l'espagnol.

L'automne dernier, elle a pris sa retraite après 26 ans de service à l'Université Simon Fraser (SFU), d'abord comme chargée de cours chevronnée au département de français, puis comme directrice du Bureau des affaires francophones et francophiles (BAFF).

Elle n’avait que 18 ans lorsqu'elle est arrivée à Vancouver dans l'une des premières cohortes du programme Explore du gouvernement fédéral qui offrait des bourses aux étudiants francophones pour qu'ils apprennent l'anglais dans une région anglophone du pays, et l'inverse aux étudiants anglophones.

« Séjourner à Vancouver au début des années 1970 a été une expérience très enrichissante et formatrice », dit-elle. « C'est ce qui sous-tend un programme d'échange. Vous étudiez une autre langue, en plus de vivre dans cette même autre langue. »

Après avoir terminé ses études en linguistique française et en enseignement d’une langue seconde ou étrangère, Claire a commencé sa carrière en enseignement à l'Université Laval en 1977, puis à l'Université Concordia et au Collège Glendon de l'Université York, avant de venir à l'Université Simon Fraser en 1993, en tant que chargée de cours au département de français.

À SFU, elle a contribué à inaugurer l'ère de l'apprentissage des langues assisté par ordinateur (ALAO) qui a fait passer l'enseignement d'une approche structurelle (« répétez après moi... ») à une approche communicative appuyée par des documents authentiques et l'apprentissage en contexte réel et assisté par ordinateur.

Lorsqu'elle a été promue de l'enseignement à l'administration en tant que directrice adjointe du BAFF en 2004, son expérience dans le programme Explore l’a inspirée pour mettre sur pied un nouveau programme d'échange en France et en Belgique pour les étudiants du French Cohort Program en affaires publiques et internationales. À une époque où l'université fermait bon nombre de ses programmes d’échange, Claire Trépanier avait l'appui des échelons supérieurs administratifs, ce qui a permis à l’initiative de prendre son envol.

« Lorsque le recteur Andrew Petter a mis de l’avant son approche d'engagement communautaire, le BAFF était déjà en train d'établir des liens avec la communauté francophone de la Colombie-Britannique et de partout au Canada », explique Mme Trépanier. Afin d’orienter le BAFF et d’assurer un financement suffisant aux programmes en français, il a fallu déployer beaucoup d’efforts en matière de relations publiques à Ottawa, au fil des gouvernements et des priorités qui changeaient. Grâce à ses compétences mises à contribution auprès des ministres et des ministères fédéraux, Mme Trépanier a fait en sorte que SFU devienne un chef de file dans le domaine de l’éducation postsecondaire en français, non seulement en Colombie-Britannique, mais partout au Canada. Elle a même permis à SFU de devenir membre de l'Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC).

« Dans un milieu linguistique minoritaire, on fait son travail en espérant que les graines qu’on sème ici et là fleuriront », dit Mme Trépanier. « J’en constate les résultats concrets lorsque des étudiants issus de l’enseignement en français montent sur scène pour obtenir leur diplôme à la collation des grades. C'est un moment vraiment important pour moi. »

En 2018, Claire Trépanier s’est vu remettre l’insigne de Chevalier de l'Ordre des Palmes académiques du gouvernement français en reconnaissance de sa contribution aux programmes en langue française à SFU et des liens que l'université a tissés avec les communautés francophones de la Colombie-Britannique, du Canada et à l'échelle mondiale.

« J'ai dédié ce prix aux enfants comme ma petite-fille de trois ans qui est dans un centre de la petite enfance francophone en Colombie-Britannique », dit-elle. « J'espère que ces enfants, comme elle, pourront faire des études primaires, secondaires et postsecondaires en français avec la possibilité de voir le monde et d'étudier à l'étranger, puis de revenir au pays afin de contribuer à la société canadienne. »

Nouvelle adaptée à partir de l'article de la Faculté des lettres et sciences sociales: https://www.sfu.ca/fass/news/2020/01/claire-trepanier-secures-sfus-place-in-canadas-francophone-academia.html